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Article : Etat des lieux du système éducatif au Cambodge

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Article : Etat des lieux du système éducatif au Cambodge

Dans le REA MAG’ n°2, nous faisons un bref état des lieux du système éducatif cambodgien. Retrouvez plus de détails et de chiffres et toutes les sources de l’article dans la version ci-dessous, ainsi que quelques photos en bonus !

187 Tonle Sap Preak Toal Transport scolaire sur le village flottant de Preak Toal sur le Tonle Sap

Totalement dévasté par la guerre et par le régime Khmer Rouge dans les années 70, le Cambodge est engagé dans une reconstruction totale depuis 1979. Faute d’infrastructure sur laquelle s’appuyer, tout était à construire, y compris dans le secteur de l’éducation. C’est à ce secteur que nous nous intéressons aujourd’hui, en vous proposant un état des lieux du système éducatif cambodgien qui, malgré des moyens humains et matériels extrêmement limités, a pu se développer lentement.

Bien que la situation se soit considérablement améliorée ces dix dernières années, le Cambodge reste à ce jour très en retard par rapport à la plupart des pays voisins. Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) l’a classé 136 (sur 187 pays) lors de son dernier Rapport sur le Développement Humain avec un Indice de Développement Humain de 0,584, alors que l’IDH moyen pour la région Asie de l’Est et Pacifique est de 0,703.(1) Les dernières statistiques de l’UNICEF(2) montrent que le taux d’alphabétisation actuel des adultes de 15 ans et plus est de 74%, contre 94% en moyenne dans la région Asie de l’Est et Pacifique, et que la proportion de femmes analphabètes est d’environ 20% supérieure à celle des hommes. Ce taux a progressivement augmenté notamment grâce à la mise en place de classes d’alphabétisation pour adultes mais également grâce aux progrès du système éducatif qui ont permis de réduire de manière significative le nombre d’enfants atteignant l’âge adulte sans savoir ni lire ni écrire.

Une reconstruction lente et progressive…

Depuis la fin des années 90, Le Ministère de l’Education, de la Jeunesse et des Sports (MoEYS) a mis en place des Plans, Stratégies et Politiques(3) afin de structurer le système éducatif dans tout le pays, Ces mesures ont pour but d’améliorer l’accès à l’éducation pour les enfants ainsi que leur niveau d’études, de développer des techniques d’enseignement et d’apprentissage et de formation des professeurs.(4) On peut citer par exemple : politique de regroupement des écoles afin de mutualiser les moyens, politique de réduction de la pauvreté afin de permettre aux familles les plus démunies de pouvoir envoyer leurs enfants à l’école, programme de mise en place d’écoles respectueuses de l’enfant pour que l’environnement éducatif soit équitable, solidaire, non-violent et soucieux du bien-être physique et mental des élèves, politique de santé à l’école (programme de soins basiques aux élèves et professeurs, éducation aux gestes élémentaires d’hygiène et de prévention des maladies…), et plus récemment, politique d’éducation des enfants en situation de handicap.

Même si actuellement 96% des enfants sont scolarisés à l’école primaire, moins de 90% d’entre eux auront réellement suivi les six années de cours ou terminé l’ensemble du cursus scolaire. Ces chiffres ne tiennent pas compte de la proportion d’enfants non scolarisés à six ans et qui suivront des cours de l’école primaire plus tardivement. Au total, le taux d’alphabétisation des jeunes de 15 à 24 ans déclaré par le MoEYS est de 91,5% en 2011 alors qu’il est estimé à 87% en 2012 par l’UNICEF (la moyenne dans la région AEP est de 99%). D’autre part, près de 54% des enfants en âge d’aller au collège iront effectivement au collège et seuls 25% des enfants en âge d’aller au lycée iront au lycée. Le taux d’abandon en cours de route est de plus de 20% pour le collège et 14% pour le lycée.

… malgré des disparités géographiques et sociales

Ecole au cambodge Ecole très pauvre dans la province de Battambang. Une nouvelle école doit être construite l’année prochaine.

Ces chiffres globaux masquent de fortes disparités, tant géographiques qu’humaines. Sur un plan géographique, toutes les écoles ne sont pas logées à la même enseigne et certaines situées dans des zones très pauvres et/ou dans des zones rurales très reculées sont particulièrement mal loties : 49% n’offrent pas d’accès à l’eau potable, 33% n’ont pas de latrines et 2% ont au moins 50% de leurs toits, murs et sols en très mauvais état. Toutes n’offrent pas les six niveaux du primaire et beaucoup de communes n’ont ni collège, ni lycée. Près de 50% des écoles fonctionnent en deux roulements (les enfants y vont soit le matin, soit l’après-midi) par manque de professeurs et de classes et il n’y a pas assez de livres de classe pour tous les enfants (3-4 élèves par set de livres en primaire)…

Sur un plan humain, des discriminations existent et sévissent encore. Si une famille pauvre ne peut envoyer qu’un seul de ses enfants au collège, elle enverra de préférence un garçon. Au niveau du lycée, les jeunes filles pauvres sont plus souvent envoyées à l’usine qu’à l’école. Mais face au faible taux de fréquentation du lycée pour les garçons comme pour les filles, la différence n’est finalement que de 2% de filles en moins par rapport au nombre de garçons. La distribution du petit déjeuner à l’école et un programme de bourses ont permis à plus d’enfants de milieux très pauvres de se rendre à l’école de façon régulière mais les efforts restent insuffisants. De plus, le travail des enfants reste une réalité bien que la plupart de ces enfants soient scolarisés. L’UNICEF estime en effet qu’en 2012, 36% des enfants de 5 à 14 ans travaillaient. Quant aux enfants souffrant de handicap, les chiffres sont peu nombreux mais une étude du MoEYS de 2004 estimait que 2,5% à 3% des enfants n’étaient pas scolarisés en raison d’un handicap. Depuis 2008, des efforts ont été faits non seulement pour scolariser ces enfants mais également pour que leur handicap soit mieux pris en charge et pour qu’ils soient mieux intégrés au sein de leur communauté.

La situation s’est certes considérablement améliorée depuis 15 ans, mais beaucoup d’efforts restent à faire pour que le système éducatif cambodgien rattrape son retard et réussisse à intégrer équitablement les populations dites vulnérables (femmes, pauvres, handicapés…). L’aide de la communauté internationale reste indispensable au financement des réformes.(5) Et comme aime à le répéter le Dr Chealy CHET, Recteur de l’Université Royale de Phnom Penh, « Le changement est un processus, pas un évènement. Il en va de même pour l’éducation » !

 

(1) PNUD – Rapport sur le Développement Humain 2014, « Pérenniser le progrès humain : réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience » http://www.undp.org/content/dam/undp/library/corporate/HDR/2014HDR/HDR-2014-Summary-French.pdf

Classement des pays par leur Indice de Développement Humain (indice qui prend en compte, entre autres, le niveau de vie, d’éducation et l’espérance de vie) :

Classement des pays par leur Indice de Développement Humain

Région Asie de l’Est & Pacifique = Brunei Darussalam, Cambodge, Chine, Fidji, Îles Cook, Îles Marshall, Îles Salomon, Indonésie, Kiribati, Malaisie, Micronésie (États fédérés de), Mongolie, Myanmar, Nauru, Nioué, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, République de Corée (Corée du Sud), République démocratique populaire lao (Laos), République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), Samoa, Singapour, Thaïlande, Timor-Leste, Tonga, Tuvalu, Vanuatu, Viet Nam.

(2) UNICEF – La Situation des Enfants dans le Monde 2014 http://www.unicef.org/french/publications/index_71829.html

(3) Ministry of Education, Youth and Sports (MoEYS) – Kingdom of Cambodia http://www.moeys.gov.kh/en Rubriques « Policies & Strategies » et « Statistics & Indicators »

4) Les sujets sur la formation des professeurs, le développement des techniques d’enseignement et d’apprentissage, ainsi que la situation de l’enseignement technique et supérieur ne sont volontairement pas traités dans cet article. Mais il est important de noter que le manque cruel de professeurs, leur niveau de formation très insuffisant et leur faible niveau de rémunération sont des freins considérables à l’amélioration du niveau de l’éducation des enfants.

(5) En 2012 le secteur de l’éducation a reçu près de 70 millions de dollars d’aide internationale – Source MoEYS.

 

Article écrit par Sophie C, bénévole REA

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